Les Hommes ont peur de la vie.

Les hommes ont peur de la vie,

c’est une évidence. Ils ont peur de l’inconnu de la vie. Parce qu’ils ont si peur de l’inconnu de la vie, ils édifient des murailles de certitudes : certitudes religieuses, certitudes morales, certitudes matérielles. C’est leur manière à eux de se protéger de la vie, de cette partie de la vie qui a tant frôlé la mort qu’elle s’est imprégnée de son odeur. Dom Juan est l’archétype même de ce processus. Dom Juan ne veut pas avoir la certitude d’être aimé, il veut avoir la certitude d’être vrai, en frôlant sans cesse la mort. C’est pour cela qu’il lutte avec tout ce qui nous paraît certitude, à nous. Nos certitudes ne sont que des mensonges érigés avec le ciment du faire-semblant. Nous renonçons à la jouissance juste pour obtenir la satisfaction de rester intégré au groupe. Nous payons notre sécurité en endettant notre désir. Quitter le groupe aboutirait à la mort de sa propre identité. Nous pensons à tort que l’identité du groupe est la nôtre. Le groupe a décidé ce qui était l’enfer ou le paradis, nous y souscrivons. Les bœufs musqués des montagnes, les buffles et les bisons peuvent faire face aux prédateurs parce qu’ils ont formé un groupe. Pour nous, le prédateur c’est la vie. Tout ce qui est mouvant peut nous dévorer, la mort ne peut pas se mouvoir sauf lorsque nous la tirons dans la vie par le biais de contes ou métaphores personnifiées.

 

Le théâtre est en soi un mensonge, mais l’acteur qui interprète le rôle doit avoir une idée de la vérité pour contrôler ce qu’il interprète.

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