Michel Onfray et mes grands cimetières sous le soleil

Les grands cimetières sous le soleil 

Rien ne s’endort dans la nature sans avoir remercié le Ciel de ne pas avoir été tué ou d’avoir pu tuer. Ainsi est la loi simple et implacable de la nature. Mais l’homme a recrée une nature factice appelée société ou culture où cette règle, soumise au droit, à la conscience et à la morale, est contraire à cette nature factice.

Et pendant ce temps, Michel Onfray pense, et moi aussi…

Si le meurtre est intolérable sur le plan individuel, il est  encouragé sur le plan collectif dans cette nature reconstruite d’une manière factice et que l’homme appelle culture, il ne peut donc exister que dans le cadre de l’acte d’un groupe. L’initiative individuelle du meurtre est durement sanctionnée. Le meurtre du groupe est encouragé, voire béni. Puisque le meurtre se grave dans la mémoire comme des initiales dans le tronc d’un chêne, puisque le meurtre est aussi lourd à porter que la voûte d’Atlas, portons-le ensemble !

Et pendant ce temps, Michel Onfray dévoile, et moi je démonte aussi la mécanique ….

Le vingtième siècle s’ouvre d’emblée comme un grand meurtre. Pour rappeler les meurtres les plus fameux que la terre aient jamais engendrés, nul besoin de se rendre au Moyen-Âge, -On n’est plus au Moyen-Âge est d’ailleurs le lieu-commun le plus imbécile qui soit, vu qu’au cours de n’importe quelle décennie de ce siècle-là, à l’ombre des merveilleuses républiques -robe dont chaque prostituée politique s’habille de nos jours-, on a plus torturé et massacré qu’en 1000 ans de Moyen-Âge, rendons-nous d’abord aux Philippines, tout à la fin du XIXème siècle, État en voie d’être colonisé par les Américains. Résistance de la population locale. Pas de problème. Cinq millions de morts côté philippin. Injustice ? « C’est nous qui contrôlons ce qui est bien et mal », répondent les Américains. « Et il n’y aura pas un seul film sur ce massacre ! » Et puis, si c’est une république qui assassine, c’est légitime. Dans le grand chant dissonant des voix des morts qui s’élèvent vers le ciel vide de l’histoire, ce sont bientôt les Boers qui en 1906, se joignent aux râles des Philippins : 28000 morts dont 22 000 enfants, dont la voix lugubre et accusatrice résonne encore au fond des mines d’Afrique du Sud. Passons la guerre Sinno-Russe, les massacres des Arméniens, et j’oublie aussi au passage l’Afrique, surtout le Congo Belge avec ses 6 millions de morts. Et la guerre civile Russe débouchant sur le massacre de 6 millions de cosaques par Staline, le massacre de 6 millions d’Ukrainiens par le même, les innombrables peuples déportés sur le vaste et impitoyable océan des terres russes. Ensuite les guerres de la décolonisation, tous les conflits asymétriques, le massacre des habitants du catholique Timor par les Indonésiens dans les années 1980, environ 300 000 déportés, les tueries en Amérique Latine, à commencer par le massacre des catholiques mexicains qui défendaient leur liberté de conscience au début du XXième siècle. Je ne cite pas Mao, Ho-chi-Minh, les généraux japonais, les Indonésiens. Il est vrai que les Asiatiques, les Bouddhistes sont extrêmement paisibles.

Sinistre catalogue révolutionnaire où tous les mois se nomment sangtôse.

Et pendant ce temps, MIchel Onfray m’invite à mes libérer…

Ces dictateurs ont tous le même lexique, une figure de pensée simple, à la bouche : tout cela est nécessaire. On peut massacrer 100 000 enfants, on aura toujours la même réponse : La liberté est à ce prix. La liberté est le mot magique. La liberté a engendré plus de meurtres d’utilité publique que toutes les religions. La liberté est une fleur qui se nourrit de cadavres. Les mouvements fondamentalistes « évangélistes », qui sont les Wall Street de Dieu, dont les pasteurs ont des actions dans les firmes d’armement, cherchent la Grande Babylone partout, comme Sherlock Holmes les indices du crime. Le doigt pointe en général vers le Vatican, antre de pédophiles et de satanistes. Tout ce qui n’entre pas dans mon cadre est satanique. Les républiques cherchent, quant à elles, les ennemis de la liberté, autrement dit ceux qui n’aiment pas le parfum avec un arrière-goût de cadavre. Tout le monde sait que la liberté, dans les républiques, est semblable à celles des animaux dans un zoo. Puisque la monarchie avait des sujets, la république, qui n’est pas une monarchie de droit divin mais une monarchie de droit financier, a des objets. Ces objets peuvent se déplacer à l’intérieur des enclos, mais ils doivent produire quelque chose, ce sont des bêtes de sommes financières. L’animal, dans l’enclos, pour pouvoir produire correctement, doit être satisfait par le confort. Il doit être installé confortablement, et tout ce qui aide à son confort, tout ce qui lui apporte du confort, cela s’appelle la liberté. Le confort passe par le sport, l’épanouissement sexuel, le yoga. Qu’une femme accepte de garder un enfant issu d’un viol ou handicapé, cela va à l’encontre du confort, c’est donc un scandale, une option anormale. Qu’un vieillard n’accepte pas de mourir par euthanasie, cela va à l’encontre du confort. Ce sont des crimes contre la liberté.

En Occident, ce qui a inquiété et ce qui inquiète encore un peu, c’est que les gens n’aillent pas à la messe du sport le dimanche matin, mais à la messe du curé ou du pasteur. Il faut entretenir la performance, pas la résonance intérieure qui mettrait le système en péril. L’église où n’importe quel lieu de culte est un espace sacré où l’homme est amené à réfléchir sur lui-même, à s’explorer. Il y intériorise sa conscience. Il y mesure sa distance avec les autres. Et il peut s’indigner. À l’école, dans l’entreprise, il jette un œil sur les autres pour mesurer ce qu’ils valent et se place dans une logique de compétition. À l’église, il doit mesurer ce qu’il est et se placer dans une logique de compréhension de soi. Si l’école est un outil de production d’objets formatés pour être de bons techniciens avec des doctorats, de bons conseillers municipaux, l’église a le fâcheux penchant de fabriquer des sujets occupés à mesurer la distance entre leur sincérité intérieure et le mensonge du monde. Le christianisme, surtout,  est une éthique de la responsabilité. C’est une éthique de l’effort sur soi. Dans la république marchande, l’effort est juste soumis à la production. La performance est productrice de biens. La limite des performances n’est même plus posée. L’objectif ultime est le point de croissance. L’objet productif se posera la question de savoir quel sera le rendement d’un hectare, le croyant se posera la question du bien-être du ver de terre.

Toute cette tension performative produit inévitablement de l’épuisement. Depuis Descartes, en passant par les Lumières, l’homme a été pensé comme une machine. Au XIX siècle, l’usine a remplacé le château, le salarié, au lieu de travailler neuf mois par an comme avant la Révolution où tout était prétexte à la fête, travaillerait désormais six jours sur sept, douze mois par an, au fond d’une mine. On noircit l’histoire prérévolutionnaire comme une veine de charbon, tout est soumis maintenant au mécanisme, au rouage, et le salarié devient vapeur. On va lui faire lire au fronton des mairies la devise idéalisante de liberté, d’égalité et de fraternité. Les lycées, qui étaient avant la Révolution des couvents où l’on herborisait, où l’on jouait au volant, où l’on philosophait, sont maintenant conçus comme des casernes, les élèves sont en rang, il faut comprendre des mécanismes, démonter des machines, mais ne rien comprendre de la vie c’est encore le mieux.

Cette mécanique produit des guerres elles-mêmes mécaniques, où le déchet humain est certes encombrant sous la forme de cimetières militaires et de monuments commémoratifs  mais nécessaire. Déchet perçu comme nécessaire au confort futur. Confort futur nécessaire parce que si les sociétés contemporaines sont des sociétés étouffées sous des montagnes de problèmes, ils  sont évacués dans un océan de divertissements. De nombreux penseurs relèvent que nos sociétés comportent à leur tête des psychopathes. Le psychopathe a ceci de particulier qu’il n’a pas de sentiment, il comble son ressenti par la sensation. Il lui faut en permanence de l’excitation. Sa drogue, c’est de voir souffrir les autres sous son pied large et écraseur. C’est son divertissement permanent. Il lui faut de la hauteur, qu’elle passe par la domination ou la sensation produite par une excitation quelconque.

Grâce à Michel Onfray, je commence à me spiritualiser…

Un des moyens les plus sûrs pour user des autres est de les entraîner dans son système de croyance. L’être humain est une créature facilement hypnotisable. Il croit dans un nombre incalculable de choses sans la moindre once de preuve. Il croit en Moïse, en Mahomet ou en je ne sais quoi d’autre sans jamais se poser la question s’il y a la moindre once de preuve que ces personnages ont un jour seulement respiré l’air de cette planète. Sans se poser jamais la question de savoir à quel pouvoir profitent ces personnages, de quels systèmes d’asservissement sont-ils les inusables courroies ?  La croyance est un système de pensée qui nous arrange. Lorsque tout le monde va à la mosquée et fait le ramadan, le mimétisme nous procure du confort. Nous privilégions toujours le confort sur l’inconfort. Nous avons un cadre de pensée et toute la réalité est tordue, torturée, amputée, nanifiée, rabattue, contorsionnée pour rentrer dans ce cadre. Les questions sont des immigrés potentiellement dangereux, ennemis qu’il faut exclure et contenir au-delà du mur du cadre.

Le christianisme est en cela une révolution qui n’a pas fini de fissurer les cadres. Le christ, en effet, contrairement au coran et à certains aspects de l’Ancien Testament, n’accorde aucune importance à la puissance, à la richesse, au sexe, à la loi comprise en tant que droit, code social de domination. Il a d’ailleurs des paroles assez dures contre tous ceux qui se servent de la loi pour dominer. Les personnes qu’il fréquente ne sont pas les riches, les juristes, les guerriers, mais les hors-la-loi, les pauvres et les travailleurs, le carburant du système. Autrement dit les victimes du système. Le Christ, c’est l’anti-Moïse, l’anti-David, l’anti-Salomon, figures bibliques  comprises ici comme incarnations de la Puissance. Sa seule puissance est dans le rayonnement de l’être et non dans l’avoir, dans le dialogue authentique avec soi et non dans le paraître.  Puisque le riche ne peut-être que riche en dépouillant les autres, en pillant la nature, en provoquant des déséquilibres, il a une âme vermineuse. C’est une loi implacable. Le riche n’est pas maudit parce qu’il est riche, il est maudit dans la mesure où il organise la souffrance à son propre profit. Il y a cependant des riches qui ont un esprit de pauvres, et de trop nombreux  pauvres qui ont un esprit de riches. L’attitude de ces derniers est évidemment condamnée parce que le christianisme est basé sur un effort permanent de sincérité. La sincérité est l’ensemencement de l’âme.

Le religieux est basé sur le don de soi et sur le renoncement. Toutes les religions procèdent par un renoncement. Les jeunes Hopis, en 2016, ont grimpé sur une falaise pour dénicher un aiglon comme leurs prédécesseurs. Tous les rapaces, dans la nature, pondent deux à trois œufs et c’est le poussin le plus fort qui tue les autres. Une fois l’aiglon prélevé, ils l’élèvent, lui donnent un nom, il devient un membre de la famille. Au bout d’un an, ils se réfugient sous la terre, renoncent durant plusieurs jours à la nourriture, à la lumière. Vient ensuite la danse de la pluie puis plusieurs jours après, ils doivent renoncer à leur aigle et doivent le sacrifier. Les plumes leur serviront de coiffe, l’aigle leur transmettra son esprit. On retrouve le même schéma dans toutes les cultures.

Michel Onfray me montre la voie du cynisme…

Sauf en Occident, où c’est le lâche qui est devenu le héros. Du moins, dans un premier temps, dans la littérature à partir de la Renaissance. Grimmelshausen, qui est l’un des plus grands écrivains allemands, le plus important du XVIIème siècle et qui rédigé son célèbre Simplicissimus très certainement dans les environs de Strasbourg, fait de son héros naïf un lâche qui s’en sort à bon compte dans l’atroce guerre de Trente Ans. Et s’il n’est pas un lâche, le héros est un imbécile comme Don Quichotte. Là où d’autres cultures ont continué à valoriser l’héroïsme, nous avons érigé la démission en valeur. L’imbécile se faisait tuer, le héros se cachait dans le fourré.  Bien sûr, il y a eu des épisodes de nationalisme réactif qui se sont d’ailleurs souvent attaquées à la littérature qui ne produisait que des antihéros…On se souvient des nazis et des autodafés de livres à Nuremberg en particulier.

Ce qui nous a maintenus puissants, c’est que d’une part nous avons utilisé des masses et des masses de chair à canon. Je me permets ici d’inclure un épisode qu’un proche m’a raconté. Enrôlé de force dans la Wehrmacht, il était dans un nid de mitrailleuse lorsque les Russes ont lancé un assaut : « On en a tué 3 ou 4000 en une heure, une vraie boucherie. Et les Russes lançaient des vagues, et des vagues. À un moment donné, effrayés par cette mer de cadavres, l’une des vagues a reculé. C’est alors que les chars russes qui se tenaient en réserve ont abattus et écrasés leurs propres hommes jusqu’au dernier. » Il ne s’agit plus ici d’héroïsme, mais de contrainte, de massacre, de boucherie. La propagande russe a eu beau coller le mot d’héroïsme sur tout cela, cela s’appelle non de l’extermination, mais du gaspillage.

Or, si vous érigez la démission en valeur et que l’autre en face, d’une culture radicalement différente où c’est l’héroïsme ou l’agressivité qui sont la valeur dominante, vous êtes morts. Votre civilisation est morte.

Au XVIIIème siècle l’étranger était un artifice littéraire. Je doute fort que Montesquieu ai jamais vu un Persan de sa vie ou Voltaire un Indien. On a ainsi construit quelque chose de faux pour dénoncer quelque chose de gênant : le pouvoir de l’église catholique qui m’empêche de coucher avec qui je veux, qui m’empêche de dormir quand j’ai volé quelqu’un, bref qui m’empêche d’être un adepte du féodal marquis de Sade et du cynique Machiavel. Le Tahitien avait des mœurs très libres, c’est pourquoi il arrangeait Diderot. Il n’était pas héroïque, c’est pourquoi il arrangeait Diderot. Les philosophes ont construit des personnages sincères, vrais, opposés aux chrétiens fanatiques et hypocrites. Bien sûr, il s’agissait de dénoncer le fanatisme. Mais aucun philosophe ne s’est réellement attaqué aux causes profondes du fanatisme. Le fanatisme naît de l’injustice qui en est la première cause. Les philosophes des Lumières ont paradoxalement plus crée de fanatisme que les religions puisque les études contemporaines ont montré que par le libéralisme sauvage qu’ils prônaient tous, ils ont contribué à mettre en place d’immenses injustices économiques. Le philosophe des Lumières est un bourgeois lequel, pour maintenir son confort, a besoin d’une société injuste. Pour que Voltaire puisse avoir son jardin, il faut que le jardinier soit maintenu dans la pauvreté. Sinon, il faudrait que Voltaire jardine et il ne pourrait plus philosopher entre gens de la bonne société. Cultiver l’esprit de la lâcheté, en occident, a été un moyen pervers de maintenir les masses dans l’esclavage. En effet, ce que craignaient le plus les philosophes, c’était la révolte.  Bien sûr, il y a eu le Bonapartisme, les militaires des colonies, les généraux de 14-18. Ils étaient tous au premier rang lors des batailles pour avoir la plus noble distinction. Lorsque je vois les rues au nom de Clemenceau, Foch ou Bismarck en Allemagne, je me dis tout le temps : « Mon gaillard, combien tu en as fait défigurer, étrangler, poignarder, fusiller, humilier, estropier pour que ton nom ait baptisé cette rue !»

La lâcheté a fait d’immenses progrès avec l’allongement de la durée de la scolarité. Lorsque les élèves ont massivement commencé, durant les Trente Glorieuses, à s’imprégner de toute cette littérature ou le personnage dominant était l’antihéros comme Bardamu, et tant d’autres, la lâcheté s’est alors véritablement imposée comme valeur dominante.

Le problème actuel est qu’avec un tel fonctionnement mental, nous ne sommes plus que des tartines au beurre pour les musulmans qui déferlent sur l’Europe. En effet, eux viennent de sociétés viriles où la lâcheté est une tare. Ils ne nous respectent pas parce que nous ne nous respectons pas d’abord.

Il est d’une urgence vitale de repenser entièrement notre rapport à l’autre depuis la Renaissance. Les Lumières n’ont rien inventé dans le respect dû à l’autre : elles l’ont simplement dépouillé de cette valeur fondamentale qui consiste à renoncer à son ego lorsque la société est menacée, valeur que le christianisme avait mise en place. On m’a dit hier que mettre en question ce qui a été notre identité depuis des siècles était dangereux. Encore une lâcheté. Et si sur un certain nombre de points nous avions été berné ?

Si nous continuons à présenter le calme des Berlinois comme le summum de la réaction, si nous continuons à laisser entrer en Europe cette immigration primitive, si nous continuons à nous voiler la face, il est certain que l’Europe finira comme l’Afghanistan. “On peut intégrer quelques individus, mais pas des peuples entiers.” avait noté de Gaulle.

Nous devons d’urgence réintroduire de la fermeté, de la sincérité clairvoyante et de l’équité dans nos politiques. Nous ne sommes pas responsables de la guerre en Syrie, il faut clairement le dire. Il s’agit, au départ, d’une guerre civile à laquelle nous nous sommes certes mêlés, mais au départ nous n’en sommes pas responsables. Aucune guerre civile n’est possible, si auparavant les autorités n’ont pas pourri la situation durant des décennies. Le printemps arabe est né de l’injustice chronique de ces gouvernements corrompus jusqu’à la moelle des os. Nous ne sommes pas responsables du chaos au Soudan, ni de la corruption en Algérie. Ni de la violence au Pakistan. Nous n’avons pas incité les Égyptiens musulmans à massacrer les chrétiens. Il y a certes des choses dont nous sommes responsables, l’occident a profité de situations, mais il faut arrêter de prendre l’initiative individuelle de tel ou tel intellectuel favorable à une intervention armée comme la cause de la guerre ! Si ces pays sont en permanence en guerre, on entend toujours la même rengaine : c’est de la faute des Juifs, de la faute des Américains, des Européens. Et des millions de poings se martèlent des mea culpa sur leur poitrine, en Occident.

Et si votre culture était le ferment de tout cela devons-nous leur répondre.  S’il y avait un terrain favorable à la guerre depuis des siècles et des siècles dans ces cultures-là? Reprogrammez votre ordinateur ! N’écrivez plus en guerre mais en paix ! Foutez en l’air tout ce qui provoque votre ruine !

En Europe, la lâcheté n’est cependant plus partout : si elle est devenue sociale, politique, militaire,  le courage reprend des couleurs sur le plan des idées, entraînant le reste de la société dans plus de résistance. La faiblesse des pays musulmans, c’est que leur courage ne sert qu’à des actions « héroïques » spectaculaires qui se manifestent sous formes d’attentats, mais jamais à la remise en cause totale de leur manière de penser. La rengaine est toujours la même : « L’islam c’est pas ça ! » Comme la cause de la violence est toujours dirigée vers les autres qui sont animalisés, méprisés et voués à l’enfer, une telle société ne peut se maintenir longtemps. Soit elle se remet en question, soit elle finit par obtenir une réponse forte de l’autre qui peut mener à son ébranlement. La force de l’Europe a résidé dans la capacité d’adaptation de sa pensée aux circonstances.  Même, comme nous l’avons vu plus haut la lâcheté a été promue comme vertu, il y a toujours eu des gens qui ont eu le courage de se repenser, de se remettre en question.

Ce qui me réjouit et me rassure, c’est que de plus en plus de femmes, dans les pays musulmans, participent à une transition culturelle majeure, révolution qui se fait par la culture.

L’extrémisme est aussi le signe clinique que la religion a du plomb dans l’aile. On n’a jamais brûlé autant de sorcières qu’au XVI siècle, lorsque le catholicisme commença à être contesté. Les attentats, loin de souder les musulmans, les divisent. La plupart des médecins et ingénieurs originaires du Proche-Orient que je connais autour de moi, ne pratiquent pas l’islam, d’autres se justifient tout le temps d’être musulmans. Il n’y a de nombreux tabous qui sont de plus en plus brisés. Celui de l’athéisme, de l’homosexualité, du changement de religion, de l’infaillibilité du coran.

                                                                 Jean Henrion

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